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Electrochocs

Introduction - 25/06/2007

Nous assistons depuis ces dernières années à un retour discret d'un des traitements les plus brutaux que l'homme ait jamais utilisé. Il s'agit de l'électrochoc. L’hôpital Corentin Celton à Issy les Moulineaux (92) a achevé la construction d’une salle spéciale destinée à l’administration de sismothérapie (autre terme pour désigner les électrochocs). Ce traitement de choc, qui créé volontairement un coma épileptique, est administré en cas de dépression et est pratiqué sur des personnes fragiles sans restriction aucune, pour les personnes âgées, les femmes enceintes, voire les adolescents. Actuellement, ils sont pratiqués sous anesthésie générale, ce qui en atténue les manifestations spectaculaires sur les patients, mais malheureusement pas les effets secondaires. La controverse qui existe...

Historique - 17/06/2008

La découverte de l'électrochoc a été faite dans un abattoir. Ugo Cerletti (1877-1963), professeur de psychiatrie à l'Université de Rome "découvrit" le traitement par électrochoc et introduisit son utilisation en psychiatrie. Voici comment Cerletti raconte lui-même sa découverte. Cet extrait est tiré du livre : "De l'abattoir à l'asile" écrit par le Docteur Thomas SZASZ. « Vanni m'informe qu'à l'abattoir de Rome, les cochons étaient tués par du courant électrique. Une telle information semblait confirmer mes doutes à propos du danger des applications de l'électricité à l'homme. J'allai observer à l'abattoir ce massacre " électrique" , ainsi nommé, et vis que les cochons avaient les tempes prises par de grosses pinces métalliques traversées par un courant électrique (125 volts)....

Mode d'action - 17/08/2008

Le traitement par électrochoc, ou sismothérapie, consiste en des décharges électriques de 100 à 200 volts à travers le cerveau, d’une tempe à l’autre (électrochoc bilatéral), ou du front à l’arrière et sur le côté du crâne (électrochoc unilatéral). Son mode d’action est inconnu, quoique plusieurs hypothèses soient avancées. Le but est de produire volontairement un état de "grand mal épileptique" (crise d'épilepsie) au moyen d’un courant électrique à administration transcrânienne. Le nombre total de séances se situe habituellement entre 4 et 20, deux à trois fois par semaine, le taux de rechute étant assez élevé (entre 35 et 80% selon les études). 

Effets secondaires - 06/07/2007

1) Les troubles mnésiques et confusionnels : "...demeurent gênants. Ils apparaissent même plus précoces et plus durables depuis l'utilisation des barbituriques." 2) Les accidents neuropsychiatriques : « ils sont dominés par les troubles de la mémoire, . . . par des syndromes d 'agitation et des...

L'avis des experts - 06/11/2007

Ugo Cerletti - psychiatre, Inventeur des électrochocs. "Lorsque j'ai vu la réaction du patient, je me suis dit: "Ca devrait être aboli." Dr Henri Grivois - psychiatre Hotel-Dieu à Paris "Certains ont l'électrochoc facile et le prescrivent quand ils ne savent pas quoi faire." Professeur BARUCK, membre de l'Académie Nationale de Médecine. Extrait de "Mémoires d'un neuro-psychiatre" "En général, le malade ne se souvient de rien, au fond, il s'agit ni plus ni moins d'une crise d'épilepsie provoquée par l'électricité. Il bénéficie donc si j'ose dire, de l'amnésie qui caractérise cette maladie. On s'aperçoit cependant que les sujets soumis à l'électrochoc sont pris d'une véritable panique lorsqu'ils voient approcher d'eux des appareils rappelant ceux de l'électrochoc. Pourtant, ils...

Témoignages - 06/11/2008

« Quel est le sens d’avoir ruiné ma tête et effacé ma mémoire, qui est mon capital, et ainsi m’empêcher de travailler ? C’était une cure brillante mais nous avons perdu le patient. » Ernest Hemingway, écrivain, prix Nobel. Il se suicida après avoir terminé un traitement aux électrochocs. Une dame de 50 ans déclare avoir subi des ECT il y a quelques années : « J’étais jeune, environ 20 ans, j’ai dû faire face à une déception amoureuse. J’étais malheureuse. J’ai attéri chez un psychiatre. C’était horrible : tous les matins on venait me chercher pour la séance d’électrochocs. Cela a duré des semaines. Inutile de vous dire que quand je suis sortie au bout de plusieurs mois, j’étais vidée. J’ai eu un mal fou à avoir une activité salariée. Aujourd’hui soit des années après, je souffre de...

La Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme - CCDH

Association loi 1901, la CCDH se donne pour objectif de faire respecter les droits de l'homme dans le domaine de la psychiatrie et de la santé mentale conformément à la Déclaration qu'elle a rédigée et qui explicite ces droits. CCDH recueille ainsi des témoignages mais aussi des statistiques et des rapports sur les abus psychiatriques, tels que les internements abusifs, les traitements brutaux et destructifs (électrochocs, neuroleptiques...) ou les diagnostics frauduleux qui font sombrer des millions d'individus dans la spirale destructive de la psychiatrie. Les données sont ensuite utilisées afin de susciter une prise de conscience de la part des autorités et du public en général. Ainsi, des réformes ou de nouvelles lois peuvent être mises en place.