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Une camisole chimique pour les malades du Covid-19 ?


La recherche frénétique de médicaments pour guérir du Covid-19, la concurrence effrénée à laquelle se livrent les laboratoires pharmaceutiques et les Etats, les enjeux sanitaires et financiers colossaux qui y sont liés, et la confusion générale qui entoure cette pandémie ne devraient pas nous amener à accepter n'importe quoi.


Comme par exemple une « solution » qui engendrerait encore plus de problèmes, ou encore un remède qui serait pire que le mal : ainsi, la chlorpromazine, essentiellement connu et commercialisé par Sanofi-Aventis sous le nom de Largactil, largement prescrit et promu depuis les années 50 par les psychiatres pour des états psychotiques aigus ou chroniques.

Personne ne doute que ce laboratoire pharmaceutique et leurs agents aient de gros intérêts à présenter ce produit comme « prometteur » pour lutter contre le virus du Covid-19.

Quant à l’intérêt des malades, on consultera utilement la liste impressionnante des effets secondaires indésirables possibles et observés de ce médicament. Ce sont d’ailleurs des effets secondaires communs à beaucoup de psychotropes : impuissance, frigidité, prise de poids, altération de la tolérance au glucose, hyperglycémie, diabète, réaction anxieuse, indifférence, léthargie, sédation, somnolence, dyskinésie précoce, convulsions, mort subite d'origine cardiaque, mort subite inexpliquée, occlusion ou perforation intestinale, syndrome malin des neuroleptiques, embolie pulmonaire, gêne respiratoire, pour n’en citer que quelques-uns.

La CCDH dénonce depuis des décennies, comme beaucoup d’autres, les dangers que font courir à des populations déjà vulnérables les sur-prescriptions de psychotropes. Même le psychiatre canadien Heinz Lehmann qui avait largement expérimenté et promu la chlorpromazine dans les années 50 et 60 avait parlé à son propos de « lobotomie chimique ». C’est l’expression « camisole chimique » qui a ensuite été plus généralement utilisée pour la décrire.

Il est vital, dans cette période difficile que le monde traverse, de ne pas céder à cette frénésie ambiante et de garder un esprit ouvert mais critique face aux « solutions » médicales de toutes sortes, certaines visiblement farfelues, d’autres sérieuses, et d’autres encore, comme celle-ci, beaucoup plus pernicieuses.

La CCDH lutte contre les abus commis au nom de la « santé mentale » en psychiatrie. Elle va intensifier ses actions pour informer le public sur les graves dangers du recours massif et systématique aux psychotropes, sur la pratique destructrice des électrochocs, sur les mesures généralisées et excessives d’isolement et de contention dans nos hôpitaux psychiatriques. Nous ne demandons rien d’autre que le respect de la loi et de la dignité des patients, pour que les droits de l’homme deviennent une réalité en psychiatrie.

Contact presse : 01 40 01 09 70 / info@ccdh.fr 



Jeudi 7 Mai 2020
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La Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme - CCDH

Association loi 1901, la CCDH se donne pour objectif de faire respecter les droits de l'homme dans le domaine de la psychiatrie et de la santé mentale conformément à la Déclaration qu'elle a rédigée et qui explicite ces droits. CCDH recueille ainsi des témoignages mais aussi des statistiques et des rapports sur les abus psychiatriques, tels que les internements abusifs, les traitements brutaux et destructifs (électrochocs, neuroleptiques...) ou les diagnostics frauduleux qui font sombrer des millions d'individus dans la spirale destructive de la psychiatrie. Les données sont ensuite utilisées afin de susciter une prise de conscience de la part des autorités et du public en général. Ainsi, des réformes ou de nouvelles lois peuvent être mises en place.